Projet pédagogique

Une structure à gestion parentale

La crèche parentale Les P’tites Canailles est gérée par les parents bénévoles, adhérents de la structure. Etre adhérent dans une telle structure implique un investissement personnel pour la crèche et pour les enfants, et pas seulement utiliser un mode de garde.   

La participation des parents est nécessaire et indispensable au bon fonctionnement de la structure et elle s’exerce de différentes manières.

Les missions d’un établissement d’accueil de jeunes enfants

Dans son article R. 180-1., le décret n° 2000-762 du 1er août 2000 annonce que « les établissements et les services d’accueil veillent à la santé, à la sécurité et au bien-être des enfants qui leur sont confiés, ainsi qu’à leur développement ». 

Ainsi, le projet pédagogique d’accueil est pensé autour de l’enfant, de sa sécurité et de son développement. 

La structure est également un lieu d’accueil permettant aussi aux parents de concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale. Nous tentons d’adapter notre accueil au plus près des besoins des familles. Les enfants peuvent être accueillis tout au long de la journée, il n’y a pas de créneau horaire imposé pour amener et récupérer les enfants. 

Nous souhaitons mettre en avant toute l’utilité sociale de notre multi-accueil

L’accueil de l’enfant en situation de handicap

La structure concoure « à l’intégration sociale » des enfants en situation de handicap ou atteints de maladie chronique (décret n° 2000-762 du 1er août 2000)

L’équipe, lors de formations, de réunions, a été sensibilisée à cet accueil qui peut interroger, questionner nos pratiques, générer des inquiétudes de part et d’autre, qu’il est important de pouvoir exprimer et travailler. Un accueil se fera en concertation avec l’équipe et la famille et en collaboration avec les soignants de l’enfant.

Il sera important que chacun se sente suffisamment en confiance pour poser ses questions.

La crèche n’est pas un lieu de soin. L’enfant sera accueilli pour des temps de jeux, de socialisation, jamais dans une optique thérapeutique.

Les différentes missions des parents

Etre membre du Conseil d’administration

Le Conseil d’administration de la crèche, composé de 12 membres, prend des décisions pour la structure. Il travaille en étroite collaboration avec la direction. Il agit en qualité d’employeur de l’équipe, mais peut aussi prendre part aux réunions d’équipe, donner son avis et participer aux décisions sur la partie pédagogique. Inversement, l’équipe et tous les adhérents sont les bienvenus pour donner leur avis aux réunions du Conseil d’administration qui ont lieu tous les 2 mois environ. Le Conseil est élu pour un an lors de l’assemblée générale de septembre. 

Le Conseil est composé d’un bureau, soit 6 membres actifs dont chaque fonction est bien distincte : Président et Vice-président, Trésorier et Vice-trésorier, Secrétaire et Vice-secrétaire. Les sujets abordés lors des réunions sont variés, et utilisent les compétences de chacun de ses membres dans différents domaines : social, comptabilité, management, évènementiel, communication…

Etre membre du Conseil d’administration est un poste privilégié pour qui désire s’investir auprès de l’équipe et se soucier du bien-être de nos enfants dans la collectivité.

Participer aux journées Bricolage et Jardinage

Afin que nos petites Canailles jouent en toute sécurité à l’intérieur comme à l’extérieur de la crèche, il est parfois demandé aux parents de réaliser de petits travaux de bricolage (poser une étagère, monter un meuble, réparer une poignée de porte…) ou de jardinage (tondre la pelouse, tailler la haie, désherber…). Chacun peut participer selon ses disponibilités et ses compétences.

Participer à l’organisation des temps forts de la crèche

Plusieurs fois dans l’année, les membres du CA sollicitent l’aide des parents pour organiser des évènements (tombola, vide-grenier, fête de Noël) dans le but de récolter des fonds pour l’association qui financeront des sorties, des spectacles et du matériel pédagogique pour les enfants. Il leur sera alors demandé de rechercher des lots, de tenir un stand, de faire les démarches administratives, de préparer des gâteaux… pour ces évènements…

Proposer des activités ou participer aux ateliers parents / enfants proposés par la crèche

Régulièrement, les parents sont invités à partager des moments avec leur enfant dans la structure. Cela peut être lors d’ateliers lecture, une chasse aux œufs de Pâques, ou partager le repas avec les enfants lors de la semaine du goût. Il suffit de s’inscrire et de venir vivre un peu la vie à la crèche. Les parents peuvent également proposer d’autres activités en fonction de leurs compétences.

Déneiger le parking et les accès en hiver

Dès que les premières chutes de neige arrivent, le parking devient vite impraticable. Afin de préserver les enfants, les familles et le personnel de chutes dues au verglas, il est indispensable que les accès soient déneigés et salés. Le matériel est à disposition à la crèche, pour les parents volontaires.

Récupérer les courses au Drive et les « livrer » à la crèche

Tous les mardis, un parent est en charge de récupérer les courses au Drive Leclerc (Avenue de Provence) dès 10h. Pour ce faire, les parents doivent s’inscrire sur le planning affiché en face de la cuisine et, le matin même récupérer la carte Leclerc et les sacs consignés avant d’aller chercher la commande. 

Pour notre organisation, il est préférable que les courses arrivent soient livrées durant la matinée jusqu’au milieu d’après-midi. Mais, chacun faisant selon ses disponibilités, si le parent ne peut se libérer avant la fin de journée, nous lui demanderons de ranger les courses.


Au-delà des tâches nécessaires à son bon fonctionnement, la crèche parentale offre une forme intermédiaire entre la vie de famille et la collectivité, particulièrement favorable au développement de l’enfant (socialisation…). L’ambiance souvent conviviale de la crèche en fait un lieu propice à l’échange sur la parentalité.

Un partenariat entre équipe pédagogique et parents 

La relation privilégiée entre les professionnelles et les parents et, l’implication de chacun dans ce lien, forment les piliers de la structure. Les parents sont acteurs de la vie du multi-accueil. Ils sont reconnus comme les premiers éducateurs de l’enfant. Les professionnelles seront garantes de la mise en oeuvre quotidienne des valeurs éducatives définies dans le lieu d’accueil.

Ainsi, les deux parties s’engagent à une collaboration fructueuse, dans le souci d’offrir à chaque enfant un accueil individualisé.

Les échanges autour de l’enfant (développement affectif et moteur, sommeil, alimentation, acquisition de la propreté…) sont primordiaux pour individualiser son accueil au sein de la collectivité. Ils aident les professionnelles à considérer l’évolution individuelle de chacun et les principes éducatifs des parents. 

Les demandes des parents sont respectées, dans la mesure où elles peuvent être applicables en collectivité (sommeil, alimentation, habitudes de vie…). La communication entre l’équipe et les parents permettra de trouver une solution adaptée aux besoins de l’enfant. Une relation de confiance s’instaure progressivement entre l’enfant, sa famille, et les professionnelles. Il est nécessaire que l’enfant ressente ce lien de confiance afin d’investir les lieux en toute quiétude et y faire les expériences nécessaires à son développement.

Les valeurs éducatives de la structure
  • Un lieu chaleureux, de partage
  • Un lieu d’expérimentation et d’éveil
  • Un lieu de libre agir où l’enfant est acteur de son développement (autonomie grandissante)
  • Un accompagnement individualisé
  • Le respect de soi et des autres, la bienveillance
  • La reconnaissance du parent comme premier éducateur de l’enfant
  • La collaboration parents/professionnelles : cohésion éducative autour de l’enfant
  • Des parents acteurs du lieu d’accueil
  • Une réflexion éducative en perpétuelle évolution autour de l’accueil et l’accompagnement de l’enfant et de sa famille
La place du professionnel dans la crèche

La pluridisciplinarité : une richesse incontournable

L’équipe éducative qui entoure les enfants est constituée de professionnelles (éducatrices de jeunes enfants, auxiliaire de puériculture, auxiliaire petite enfance) sous la responsabilité d’une directrice technique diplômée. Pour compléter l’équipe éducative, la crèche emploie également une secrétaire comptable, une cuisinière et un agent d’entretien.

La pluridisciplinarité amène une certaine complémentarité des pratiques dans une cohérence éducative autour de l’enfant, puisque les différentes personnalités et spécialités de chacune vont permettre de proposer à l’enfant des expériences innovantes.

La réflexion et la remise en question perpétuelles au sein de l’équipe sont les signes d’une recherche la qualité d’accueil. La communication est au cœur de nos pratiques. L’équipe se base sur des observations réalisées sur les enfants et sur les échanges avec les parents  pour faire évoluer leurs pratiques et leur accompagnement.

Une posture professionnelle bienveillante

Il s’agit de la posture que prend le professionnel dans la structure, tant auprès des enfants, des parents que de ses collègues.

Cette posture peut variée suivant les moments de la journée (accueil, activité, repas…) et s’adapte aux personnes et à leurs besoins. C’est de cette posture bienveillante et juste que découle l’accompagnement individualisé de l’enfant et de sa famille, ainsi que des relations saines de travail en équipe.

– Etre dans une relation bienveillante vis-à-vis de l’enfant c’est lui apporter une certaine contenance physique et psychique, lui offrir un cadre sécurisant afin qu’il puisse expérimenter le monde qui l’entoure, se développer et acquérir de plus en plus d’autonomie.

 L’enfant n’explore jamais le monde seul, le professionnel est présent pour l’accompagner et l’encourager dans ses découvertes, sans faire les choses à sa place. Son rôle est de lui accorder une attention de tous les instants et savoir précisément où il en est dans son développement.

– Etre dans une relation bienveillante avec la famille c’est, tout d’abord, considérer les parents comme les premiers éducateurs de l’enfant, les accueillir avec une posture d’écoute, d’empathie et de respect. C’est se rendre disponible pour tisser des liens de confiance.

Chaque famille est unique, chaque accueil doit l’être.  Les pratiques parentales varient, certaines peuvent interpeller mais il est nécessaire que les professionnelles ne portent pas de jugement dessus.

Etre bienveillant, c’est respecter les envies éducatives parentales, dans la mesure de nos règles de collectivité. Ainsi, nous sommes dans la co-éducation, nous offrons à l’enfant, de par les échanges avec ses parents, une continuité dans ce qu’il vit à la maison et à la crèche. Bien que cela diffère, il doit persister un fil conducteur, cohérent pour l’enfant. 

Aucune décision ne peut se prendre à la crèche sans l’accord préalable des parents (par exemple, lui faire sauter la sieste du matin, le mettre sur le pot, lui donner des morceaux à manger…). Si nous constatons que l’enfant semble être prêt à cela, il faut en discuter avec le parent, sans le lui imposer, en veillant à vérifier qu’il est prêt à l’entendre, que cela ne le bouscule pas. 

Bien que nous ayons eu une formation dans le domaine de la petite enfance, nous n’avons pas tout le savoir, nous ne devons pas nous positionner comme tel et donner des conseils, des recettes aux parents. Le parent est celui qui connaît le mieux son enfant et c’est dans l’échange que nous pouvons accompagner le parent à trouver des solutions.

– Etre dans une relation bienveillante avec ses collègues, c’est être à son écoute et respecter son point de vue, échanger sur ses différences dans un climat d’empathie et de tolérance. Il faut pouvoir se dire les choses positives et négatives avec bienveillance, en ayant toujours à l’esprit l’autre et son ressentit.

Une distance professionnelle nécessaire

 Le lien avec les enfants et les familles reste distancié.  Pour accueillir l’enfant et sa famille, le professionnel adopte une posture chaleureuse, leur offrant une place physique et psychique considérables, grâce à des paroles et des gestes contenants et sécurisants. 

« La relation professionnelle n’est pas une relation d’amour, c’est une relation d’attachement ». 

Malgré une relation de proximité, parfois intime (proximité corporelle dans le portage, dans les soins), une certaine distanciation est nécessaire pour ne pas engendrer de confusion des rôles.

Il est primordial de distinguer fonction parentale et fonction d’accueillante. Les professionnelles sont là pour accueillir les enfants et prendre soin d’eux en l’absence de leurs parents. L’équipe n’est qu’un relais dans l’éducation des enfants. Le lien que tisse le professionnel avec l’enfant est toujours médiatisé par l’institution et légitimé par des compétences, ses savoirs et des savoir-être objectifs et professionnels.

Vis-à-vis des parents, les professionnels sont dans l’accueil convivial et veille à ne pas rentrer dans une relation « amicale »

Un trombinoscope : un visage, un prénom

Nous trouvons qu’il est essentiel que nous soyons identifié par les familles, par nos prénoms., afin de ne pas être uniquement identifiés comme « les dames de la crèche », terme très impersonnel.

Le trombinoscope affiché devant le lieu de vie permet à chaque parent d’identifier les professionnelles présentes à l’accueil du matin et du soir puisque la constitution de l’équipe évolue au cours de la journée.

Le professionnalisme : un comportement adapté à l’accueil du jeune enfant

Les soucis personnels ne doivent pas empiéter sur le travail. Même si ce n’est pas toujours facile, nous devons être vigilants à rester professionnel.

Les discussions personnelles ne doivent pas prendre le pas sur la gestion du groupe. Des temps de pause, de cohésion d’équipe sont notamment prévu entre midi et 2 et peuvent servir à ces discussions.

De plus, la crèche doit être un lieu sans ondes, c’est pourquoi les portables des salariés doivent rester dans le vestiaire et consultés lors de pauses.

Un travail de réflexion engagé au sein de l’équipe

 Une remise en question de nos pratiques est importante pour continuer à exercer notre travail avec une posture juste. Ainsi, des réunions d’équipe sont mises en place chaque mois pour monter des projets, échanger sur des thèmes en lien avec l’accueil de l’enfant et sa famille, sur l’organisation du quotidien ou des situations qui questionnent les professionnelles….

Ces réunions d’équipe permettent une mutualisation des connaissances en s’appuyant sur les observations réalisées sur le terrain, pour faire évoluer le projet pédagogique en fonction des besoins des enfants et des familles

L’équipe 

D’autre part, les professionnelles effectuent des formations continues ou sur site chaque année afin d’enrichir leurs compétences, leurs savoirs et savoir-faire. La confrontation avec d’autres pratiques et l’apport de nouvelles connaissances permettent une remise en question perpétuelle de nos pratiques, gage d’une qualité d’accueil.

La structure accueille également régulièrement des stagiaires et des apprentis. Nous avons pour mission de former des jeunes, leur faire découvrir les différents métiers de la petite enfance afin de leur permettre de trouver leur voie

Cet accueil est aussi très intéressant pour la structure car, de par leur questionnement ou leur manière de voir les choses, cela peut amener l’équipe à ajuster son positionnement et ses pratiques.

Une volonté de mettre en place l’analyse des pratiques professionnelles avec un intervenant extérieur est prégnante au sein de l’équipe. Cette réflexion autour des pratiques d’accueil, de certaines situations (autour de l’enfant pouvant questionner les professionnelles

La place de l’enfant

Le respect de l’enfant dans sa singularité

Chaque enfant est unique, avec des besoins et des compétences singulières. Son accompagnement doit ainsi être individualisé au sein de cette collectivité, en respectant son rythme et son intégrité (physique et psychique).

Si, par exemple, un enfant est en difficulté pour l’endormissement dans le dortoir, nous pouvons lui proposer un endormissement en poussette ou en lit barquette dans une salle de vie. 

Pour accueillir l’enfant de manière singulière, il est nécessaire d’apprendre à se connaître. Pour cela, une période de familiarisation est mise en place avant son accueil régulier.

La familiarisation

C’est un temps de connaissance mutuelle. La famille apprend à connaître l’équipe, les lieux, le fonctionnement et l’équipe apprend à connaître cette nouvelle famille. Cette période permet également, à l’enfant, de se créer des repères nécessaires à toutes futures séparations et sa durée varie en fonction de ses besoins

Effectivement, les premières séparations peuvent constituer une épreuve pour l’enfant et ses parents. Il est donc essentiel de proposer une séparation progressive, un temps de familiarisation dans son nouveau lieu de vie. 

 Un référent au sein de l’équipe est nommé afin d’accompagner la famille dans cette arrivée. Cela permet un repère, un lien plus privilégié pour les parents dans la crèche et pour l’enfant qui, malgré tout, certaines fois choisi un autre référent. Choix qui est respecté. 

Le premier contact se fait dans le lieu de vie, accompagné d’un ou des parents. Ce premier temps est un temps d’échanges sur les habitudes de vie de l’enfant à la maison, un temps de questionnement sur le fonctionnement de la structure et, un temps d’observation des réactions de l’enfant et de sa famille de la part du professionnel. 

Après ce premier temps de mise en confiance, l’enfant sera prêt pour un cours moment de séparation. Progressivement, ce temps sera étendu à une matinée, en sachant que le repas et la sieste peuvent être des moments fragiles de la séparation. Seulement après cette familiarisation en douceur, l’enfant sera prêt à passer une journée dans son lieu d’accueil. 

Dans certains cas, lors d’un accueil d’urgence la phase de familiarisation est difficile à mettre en place. Dans ce cas, un adulte est nommé référent du jeune enfant dans le but d’instaurer au plus vite un climat de sécurité.

 L’équipe veille à offrir un climat suffisamment sécurisant pour que l’enfant vive au mieux cette expérience de séparation. Elle met à disposition tous les moyens nécessaires tels que bercer, câliner, porter, faire rire, jouer, verbaliser…

L’accueil au quotidien des enfants a été pensé en équipe et évolue en fonction de leurs besoins. Il comprend différents moments clés dans la journée, qui doivent être ritualisés afin que l’enfant puisse se repérer dans le temps.

L’enfant apprend à être seul en présence d’un autre. Il peut le faire grâce à l’intériorisation de la figure d’attachement, c’est-à-dire la mère pendant une durée limitée qui augmente au fur et à mesure. Nous n’avançons jamais qu’en étant assuré de pouvoir reculer. L’enfant construit son expérience temporelle dans l’attente du retour à l’identique (retour de la mère). C’est en cela que les rituels et repères temporels tout au long de la journée sont importants.

L’accueil / les retrouvailles

Accueillir, c’est séparer et se retrouver!

Ce sont les moments de la journée où l’enfant se sépare du milieu familial, de ses parents, pour être accueilli à la crèche et celui où celui-ci retrouve ses parents et sa sphère familiale.

Le « sas » que procure le temps de déshabillage/habillage, mise des chaussons/chaussures par les parents… aide l’enfant à passer du monde de la maison à celui de la crèche et inversement. L’enfant n’a pas la notion du temps ni la maturité psychique pour ces transitions, sans un accompagnement de la part de l’adulte. 

Ces moments peuvent être source de différentes émotions (positives ou négatives), sur lesquelles le professionnel doit essayer de mettre des mots afin d’accompagner l’enfant. Ce dernier n’a pas toujours la capacité émotionnelle à gérer des afflux d’émotions qui souvent, le dépassent. D’autre part, certains parents peuvent être déstabilisés par ces situations d’excès émotionnel. Le professionnel servira alors de médiateur dans la relation enfant/parents. 

Toutefois, si l’enfant, n’exprime pas de besoin d’aide, de proximité, il faut respecter cette distance et ne pas interférer. C’est donc une attitude à la fois très disponible, mais très respectueuse de l’enfant qui a toujours l’initiative des demandes. Ces réponses demandent alors une attention particulière et associent partage émotionnel, consolation, apaisement en vue de soutenir l’enfant dans ses épreuves et acquisitions

Une posture d’accueillante nécessaire : se mettre à la hauteur du parent, si nous sommes assis, aller au-devant de lui sans pour autant l’empêcher de rentrer dans la pièce de vie, lui signifier que nous l’avons vu par la parole et que nous sommes disponibles pour l’accueillir.

A certains moments, du matin et du soir, il est délicat de faire cet accueil en toute disponibilité et discrétion, du fait de l’affluence. C’est pourquoi, nous demandons aux parents qui en ont la possibilité et/ou l’envie, de pénétrer dans la pièce de vie, de façon à partager un jeu avec son enfant, de prendre le temps de se séparer / se retrouver et ainsi investir les lieux de vie de son enfant.

Nous proposons aux parents qui le souhaitent (en cas de séparation difficile, d’un état de santé fébrile de l’enfant…) d’appeler la crèche afin de prendre des nouvelles de son enfant et se rassurer.

Deux temps importants : l’accueil du matin et les retrouvailles du soir

1) L’accueil du matin : prendre le relais de la famille 

Accueillir l’enfant et sa famille, c’est être disponible et être à l’écoute

Pour ce faire, deux professionnelles, au minimum, sont présentes dans la salle. L’une accueille les nouveaux arrivants en leur permettant une séparation la plus sereine qu’il soit, tandis que la deuxième est présente auprès du groupe d’enfants déjà présents afin de leur offrir une certaine contenance physique et psychique. Pour certains, il est compliqué de voir les autres parents arriver, cela les renvoient à leur propre séparation. Il est alors nécessaire que l’adulte les accompagne dans leurs difficultés en verbalisant et en 

Le temps des transmissions est important afin de récolter des informations sur l’enfant (son état de santé, le déroulement de la soirée et de la nuit, le réveil et le petit déjeuner, des évènements spéciaux…) et permettre à l’équipe de l’accueillir de manière adaptée à ses besoins (physiques, physiologiques et affectifs).

Le rituel des « au revoir » aux parents par la fenêtre est proposé à l’enfant pour qu’il puisse prendre conscience de la réalité. Il est important que l’enfant s’y confronte, avec notre aide lorsque cela est nécessaire, et qu’il ne reste pas dans le fantasme : mon parent n’est pas vraiment parti, dès que j’en ai besoin, je l’appelle.

L’accueil du matin passe également par la mise en place de jeux, installés au préalable par les professionnelles. Le jeu est ainsi un outil important qui facilite la séparation avec la famille.

2) Le temps des retrouvailles du soir : redonner le relais à la famille

Les professionnelles retransmettent à la famille le déroulement de la journée de l’enfant, veillent à retranscrire des anecdotes, afin de rendre plus vivant le retour fait aux parents.  Des échanges peuvent alors se faire entre parent et professionnel autour du développement de l’enfant, tant d’un point de vue moteur que d’un point de vue affectif et relationnel.

Nous sommes vigilants à respecter le parent qui souhaite par exemple, d’abord retrouver son enfant, ou récupérer les affaires avant d’entendre les transmissions. Le choix du moment opportun est essentiel, pour que ce temps soit bien vécu par chacun et bénéfique. De même nous respectons le parent qui désire partir vite. 

Le professionnel a un rôle d’accompagnateur dans les retrouvailles de l’enfant et de sa famille, en verbalisant ce qui se trame.

 De petits rituels rassurants pour le parent et l’enfant peuvent se mettre en place, (partager un temps de jeu avant de quitter la crèche) 

Un outil d’accueil : le cahier de vie    

Le cahier de vie permet à l’équipe d’inscrire le déroulement de la journée de l’enfant, où figurent essentiellement les activités réalisées par l’enfant, des anecdotes, le repas et le temps de sommeil de l’enfant. Il peut être agrément par des photographies de l’enfant lors de son temps de crèche.

C’est un outil de communication à disposition des familles. Nous demandons aux parents d’inscrire des anecdotes de la soirée ou du week-end, de mettre des photographies afin de favoriser le lien entre les deux milieux de l’enfant, toujours dans un souci de cohérence éducative.

Le cahier est un appui au langage. Il permet de revenir avec l’enfant sur ce qu’il a fait durant le week-end avec sa famille.  

C’est un élément essentiel qui navigue entre la maison et la crèche. 

Un temps d’expérimentation

Les expériences

Les expériences sont proposées aux enfants par l’équipe pédagogique afin qu’ils y trouvent du plaisir, sans leur imposer. Les envies de chacun sont respectées. Les professionnelles essaient néanmoins de faire découvrir en douceur des jeux ou activités nouvelles aux enfants. Notons qu’en aucun cas, il n’y aura de l’activisme. L’« activité » ne sera et ne devra rester qu’un support favorisant le développement de l’enfant.

L’enfant se développe parce qu’il joue. Une des lignes éducatives de l’équipe encadrante, lors d’un temps d’expérience, est de réduire le plus possible les interventions et de laisser faire tout seul. L’adulte aura alors un rôle d’accompagnateur. Il doit être à côté de l’enfant pour le guider, sans faire à sa place, dans le but unique d’amener l’enfant vers une autonomie globale grandissante. Le but est de conduire l’enfant vers des solutions, de faire ses expériences, de tâtonner, de recommencer, de s’arrêter puis revenir sur l’expérience … 

L’équipe proposera des expériences adaptées aux besoins de l’enfant, plutôt que des activités. En effet, une réflexion a été menée sur la terminologie employée puisque la notion d’activité peut renvoyer à une attente de résultat, de production… tandis que le terme expérience, ouvre davantage à différents possibles, ce n’est pas une finalité en soi. 

Les supports d’éveil

Les chansons et les comptines sont essentielles dans le développement de l’enfant, tant pour le développement du langage (acquisition de vocabulaire), que pour ses aptitudes auditives (sonorités), ou encore de son développement moteur et de sa motricité fine (gestes accompagnant les paroles). Elles stimulent également sa curiosité, son attention, sa concentration et sa créativité. Elles sont enfin source de réconfort (berceuses).

Un rituel est mis en place par l’équipe pour se dire bonjour. Il consiste à regrouper tous les enfants (ceux qui ne le souhaitent pas peuvent bien entendu privilégier 

– la littérature de jeunesse prend une place importante au sein de la structure. Les professionnels lisent régulièrement des livres adaptés permettant ainsi à l’enfant de découvrir les sonorités du langage et de nouveaux mots (enrichissement du vocabulaire) et de structurer son intelligence. Le livre est un vecteur de lien et de communication entre l’enfant et l’adulte, il permet également à l’enfant de s’identifier aux personnages (enrichissement de l’imaginaire) et de s’apaiser, se sécuriser (besoin de répétition des mêmes histoires) face aux évènements de la vie. 

 – La manipulation de graines (lentilles, semoule, riz, haricots secs…), de tissus et de papiers (textures variées), de plumes, permet de développer l’observation, la coordination, la motricité, les sens du toucher, de la vue, et tout simplement les notions de plaisir ou de dégoût dès le plus jeune âge ;

– Les jeux de construction, pour susciter l’imagination et la créativité de l’enfant et, développer l’adresse ;

– Les jeux d’encastrements, les puzzles permettent une approche des notions de forme, de taille, de position, de nombre, de couleur, d’orientation… ; De plus, le puzzle proposé lors de la séparation par exemple, permet à l’enfant de séparer, rassembler des éléments qui forment un tout et donc symboliquement de travailler cette séparation et futures retrouvailles.

– Des expériences favorisant la créativité ainsi que l’éveil des sens sont proposées selon l’envie de l’enfant : peinture (au pinceau, au bouchon, avec les doigts, avec le corps…), gommettes, collage, pâte à modeler, pâte à sel, cuisine…

– Des parcours de motricité favorise le développement moteur de l’enfant en lui proposant différentes manières de se déplacer et lui faire ressentir diverses sensations. Ces parcours favorisent également les prises de risques, la confiance en soi…

– Des expériences de relaxation sont mises en place pour prendre conscience de son corps, de sa respiration…

– Le jeu libre a une place très importante au sein de la crèche. Cette pratique consiste à laisser les enfants faire leurs propres expériences avec le matériel et les jeux à disposition, sans consigne de l’adulte. Ce jeu est autogéré et spontané, il est source de plaisir et d’indépendance intellectuelle pour l’enfant, développe sa créativité et son imagination.

L’adulte se pose au sol avec les enfants, sans les influencer dans leurs expériences. Il est présent auprès du groupe, adoptant une posture encourageante et bienveillante, favorisant ainsi une certaine sérénité et confiance en soi de l’enfant pour oser faire.

C’est également un support d’observations essentiel à l’équipe. Ainsi, l’adulte va observer le développement de chaque enfant, ses progrès mais également les différentes interactions entre enfants, qui serviront à adapter leur accompagnement.

– les sorties dans le jardin prennent également une place très importante dans le projet d’équipe. L’extérieur est un terrain de jeu permettant une exploration créative, sensorielle et motrice et facilite les jeux symboliques. Il favorise également le développement affectif de l’enfant, dans les sens où celui-ci s’éloignera progressivement de l’adulte lorsqu’il aura acquis une certaine confiance en soi.

– Des sorties à l’extérieur (médiathèque, spectacles, Chicas, autres crèches…) et des projets artistiques permettent un éveil culturel, de nouvelles découvertes et une ouverture au monde (rencontre d’autres enfants et adultes), avec des règles à respecter (tenir la main de l’adulte, regarder avant de traverser…)

Toutes ces expériences favorisent le développement moteur, sensoriel, intellectuel, affectif, social et culturel de l’enfant.

Un accompagnement adapté

. Un fonctionnement en inter-âge 

La structure fonctionne en inter-âges, grands et petits se côtoient la majorité du temps. 

Ce fonctionnement est une richesse indéniable dans le développement de chaque enfant, quel que soit son âge. Les plus petits observent et imitent les plus grands, ce qui les tirent vers le haut et, les grands deviennent les « tuteurs » des plus petits, en les guidant dans certaines expériences. Les plus grands prennent soin des plus petits en faisant attention à leur intégrité physique. Les notions de partage et d’entraide prennent tout leur sens dans ce dispositif.

Ce type d’organisation permet de reproduire le schéma de la cellule familiale (enfants d’âges différents dans une même fratrie).

. Dégrouper pour mieux expérimenter

Les expériences proposées diffèrent en fonction de leurs besoins spécifiques et de leurs potentialités.

Lorsque certains ont encore besoin d’une sieste le matin d’autres peuvent s’engager dans diverses expériences.

Pour réaliser ces découvertes, les professionnels scindent le grand groupe et proposent d’accueillir au maximum 5 voire 6 enfants. Cette pratique permet une présence plus importante de l’adulte auprès de chaque enfant. Les interactions entre enfants et entre adulte et enfants se modifient, elles sont plus « intimes » et les observations sont plus personnalisées.

Une grande adaptabilité du professionnel est nécessaire au quotidien. En effet, il peut proposer une expérience mais, observant que les enfants s’éparpillent rapidement et s’en désintéressent, il saura rebondir et proposer autre chose.

Mais, l’équipe reconnaît également l’importance de « ne rien faire » chez l’enfant.
Je bulle, tu bulles, nous bullons…. Qu’il est bon de rêver et de laisser son imaginaire partir au pays des explorations fantastiques ! Se poser sur un tapis, sur un canapé, observer ce qui se passe autour de soi et rêver est aussi essentiel au développement de l’enfant que son activité.

. La motricité libre : un concept mis en pratique

La motricité libre ou motricité spontanée, est un concept développé dans les années 1960 par la pédiatre Emmi PICKLER. Elle est convaincue que le petit enfant est un être doué de sensibilité et capable de se développer tout seul sans l’intervention d’un l’adulte.

Dans la pouponnière qu’elle dirige à Budapest, l’Institut Loczy, elle applique ce principe en laissant les enfants évoluer librement, afin de leur permettre d’explorer leur corps et leur environnement, en toute confiance. Et, elle découvre que non seulement le développement moteur s’acquiert naturellement et dans un ordre bien précis, mais aussi que cette liberté donnée aux enfants leur apporte un sentiment d’accomplissement et de sécurité. 

L’enfant est acteur de son développement, en explorant l’espace, en saisissant et en manipulant les objets, en découvrant diverses formes et textures…

Ainsi, en répétant les exercices, l’enfant se prépare tout seul aux différentes acquisitions. Il progresse à son rythme sans qu’on ait besoin de devancer ses besoins.

La motricité libre permet aux enfants d’acquérir plus de confiance puisque ce sont eux-mêmes qui construisent leur propre chemin. Elle favorise aussi leur esprit d’initiative et leur créativité. 

A la crèche, l’enfant a accès à différents espaces de jeu qu’il investit à sa manière, à son rythme et, dans un cadre sécurisé.

Emmi PICKLER disait « qu’un enfant n’est jamais mis dans une situation dont il n’a pas encore acquis le contrôle par lui-même ».

Pour cela, le bébé est installé sur le dos sur des tapis et peut se mouvoir en toute liberté. Des jeux avec différentes textures sont posés à côté de lui pour éveiller ses sens. Le but est de laisser l’enfant faire ses acquisitions de façon autonome.

Ainsi, un enfant ne sera jamais assis, s’il ne sait pas le faire seul, afin de ne pas le contraindre à rester dans une position indélicate dont il ne sait en sortir.

Par ailleurs, les professionnels ne feront jamais marcher un enfant qui ne sait pas le faire seul, afin qu’il trouve lui-même son équilibre et la confiance en ses appuis.

L’hygiène, le change et l’acquisition de la propreté

Le temps de change est un moment important de relation individuelle avec l’enfant d’autant plus qu’il touche à son intimité. Le professionnel accompagne ses gestes par la parole et met des mots sur les parties du corps de l’enfant. Il prévient toujours l’enfant de ce qu’il va faire, l’apaise, lui propose un jeu, son doudou. 

Cela crée une interaction, puis une coopération entre le professionnel et l’enfant. En fonction de son âge, l’enfant sera davantage acteur de ce temps de soin. Ainsi lorsque l’enfant marche et est à l’aise, nous lui proposons de changer sa couche en position. Cela lui permet d’être plus libre dans ses mouvements, et de participer progressivement : baisser son pantalon, enlever sa couche, la mettre dans la poubelle, se nettoyer à l’aide du gant de toilette, mettre celui-ci dans le bac de linge sale, participer à la mise en place de la nouvelle couche, remettre son pantalon, se laver les mains.

Lorsque l’enfant est plus grand, le professionnel lui propose, d’aller sur le pot ou les toilettes, sans le lui imposer. Et, aucun jugement ou commentaire n’est fait en cas de refus de l’enfant. Nous tenons à respecter le développement de chacun, en lui laissant le temps essentiel, de découvrir son corps, de ressentir les sensations liées à la maîtrise de ses sphincters et d’en prendre conscience.

L’acquisition de la propreté est un sujet intime, personnel qui ne peut être imposée. La propreté ne s’apprend pas, elle se découvre et se vit. Elle s’acquière généralement dans la deuxième année.  Il faut pour cela, une maturité affective et physique (maitrise des sphincters).

L’enfant entend et intègre ce que les adultes disent autour de lui. Si le sujet est redondant, cela peut générer un stress ou de l’inquiétude chez l’enfant. Nous évitons donc l’excès de pression qui inhibe la prise de conscience et retarde le jour de la propreté. C’est pour cela que nous tenons que ces expériences soient vécues le plus personnellement et le plus librement possible.

L’adulte accompagne l’enfant à travers ces différentes étapes toujours en lien avec la famille. 

 La propreté ne sera en aucun cas engagée à la crèche si elle n’est pas commencée à la maison.

Ce sont les parents qui donnent le feu vert. Toutefois, des échanges avec la famille peuvent se faire en fonction des observations du comportement de l’enfant à la crèche (volonté ou refus d’aller sur le pot, couche sèche entre les différents changes.)

Nous incitons les enfants à se laver les mains après chaque passage aux toilettes ainsi qu’avant le repas. Il est essentiel que l’adulte montre l’exemple et donne à voir toute l’importance des gestes d’hygiène.

L’équipe a développé un projet autour du brossage de dents après le déjeuner pour le groupe des grands, afin de montrer toute l’importance des règles d’hygiène buccale et de faire le lien avec ce qui se passe à la maison.

Chaque enfant a son verre et sa brosse à dents. L’adulte est présent pour accompagner les enfants dans leurs gestes et contenir le groupe dans cette expérience.

Le repas

Le repas est un temps qui répond à des besoins physiologiques, affectifs et sociaux.

C’est un temps calme, agréable, où l’adulte accompagne l’enfant dans son autonomie et sa découverte. 

Celui-ci partage le repas avec les enfants.

Pour chaque adulte, la relation à la nourriture est différente. Par exemple, pour certains, le fait qu’un enfant ne mange pas est insupportable et ils auraient tendance, par exemple, à vouloir lui donner plusieurs compotes pour compenser. Aussi dur que cela paraisse, à la crèche des P’tites Canailles nous ne le faisons pas. L’enfant en refusant de manger, pour des raisons qui lui appartiennent, fait un choix qu’il va assumer. Refuser de manger peut être pour lui une façon de s’affirmer, de « maîtriser » le monde qui l’entoure, dont il subit déjà beaucoup. 

De la même façon, le dessert ou le pain ne doivent pas être vécu comme une récompense : tu auras le pain parce que tu as fini…. Le pain et le dessert font partie du repas, ils ne doivent pas avoir une place particulière. 

Deux services sont proposés à la crèche, à partir de 11h, afin de répondre aux besoins et au rythme des enfants. Les plus petits, qu’il faut coucher par exemple plus tôt, ou ceux qui sont arrivés tôt et qui ont faim, mangeront plus tôt.

Les repas sont fournis par la crèche à tous les enfants, sous réserve que l’enfant ait commencé la diversification. Les régimes alimentaires (allergie, religion…) sont respectés. 

Les repas varient en fonction de l’âge des enfants. Pour les bébés, nous proposons des purées, un peu moins mixées pour les moyens, puis en morceaux. Il n’y a pas de règles précises, nous nous adaptons aux besoins de l’enfant, toujours en concertation avec la famille.

Une des spécificités de notre crèche est d’avoir une cuisinière qui prépare chaque jour les repas des enfants. Ainsi des repas frais, variés, innovants, respectant les règles diététiques, sont proposés aux enfants. 

C’est une richesse pour eux que de pouvoir goûter des aliments nouveaux, de voir la confection des repas et de participer à des ateliers cuisine.

La sieste

Le temps de la sieste s’organise de différentes façons en fonction de l’âge et des besoins des enfants. 

Les plus petits (avant 2 ans) sont couchés dans un lit à barreaux individuel, selon leur rythme propre, leurs besoins spécifiques au fur et à mesure de la journée. Ainsi, ils retrouvent leurs repères qui les rassurent afin de faciliter l’endormissement.

Les plus grands sont encouragés à se déshabiller et à mettre leurs vêtements dans des panières individuelles avant d’aller dans le dortoir. Ce déshabillage se fait dans le lieu de vie ou dans le dortoir et les enfants sont accompagnés par l’adulte qui a partagé le repas avec eux. Les enfants dorment dans des couchettes, positionnées toujours au même endroit dans le dortoir, sur lesquelles figurent leur photo afin qu’ils acquièrent des repères. De cette manière, ils sont autonomes pour se coucher et sont encouragés à se lever seul, en essayant de ne pas réveiller les copains. 

Nous individualisons le coucher de l’enfant, afin de respecter les rituels et habitudes de la maison.

Un adulte est présent dans le dortoir afin de sécuriser les enfants, leur permettre de lâcher prise et de se réveiller en douceur, afin de les aider, si nécessaire, à se reconnecter avec la vie de la crèche.

Le temps de sieste est important pour l’enfant, c’est un moment où l’enfant se repose physiquement et psychiquement. C’est durant ce temps, que l’enfant ordonne ce qu’il vient d’apprendre, que l’hormone de croissance se libère par exemple.

Ainsi, reconnaissant l’importance de ce temps, l’équipe ne réveillera jamais un enfant qui dort, sauf si le parent nous le demande (bien entendu dans la limite du raisonnable). 

La sieste de l’enfant s’effectue comme la nuit par cycles. Ceux-ci varient d’un enfant à l’autre. Et malgré les contraintes de la collectivité, nous favorisons ces cycles personnels.

Les grandes valeurs défendues par l’équipe

L’autonomie 

Bien qu’étant en collectivité, l’équipe considère chaque enfant comme un être unique. Ses besoins seront reconnus et satisfaits. Cette conception permet d’accompagner chaque enfant dans la découverte de ses compétences et de son autonomie.

L’autonomie commence dès la naissance, même si elle prend une forme particulière à chacun des stades du développement.

L’autonomie, c’est prendre plaisir à reconnaître en soi ce dont nous avons besoin, comment et avec qui nous pouvons être satisfaits, en confiance et en sécurité. C’est pouvoir disposer librement et de manière adaptée de ses capacités motrices, intellectuelles, et affectives. C’est être capable d’accepter, puis de faire siennes les règles de vie sociale et les règles d’usage et d’utilisation des jeux et de l’espace pour prendre la pleine responsabilité de ses actes.

Ainsi, pour le jeune enfant, être autonome, c’est être actif dans les différents moments de la journée, être acteur de son propre développement et se sentir reconnu comme une personne, un sujet. C’est parce que nous faisons confiance aux potentiels, aux forces de développement, aux ressources propres et aux capacités de chaque enfant, que nous accompagnons celui-ci dans cette acquisition en lui donnant le temps et l’espace pour qu’il puisse faire par lui-même avec plaisir. Par cette expérience, l’enfant en tirera satisfaction, confiance en lui et l’envie d’aller plus loin.

La première condition pour soutenir ce désir d’agir, c’est d’offrir à l’enfant un environnement sécurisant et stimulant, dans lequel il va pouvoir se mouvoir en toute liberté, accompagné par des professionnels qu’il connaît et avec qui il a créé une relation de confiance.
Grâce à cela, l’enfant va prendre conscience de son corps et de ses limites et, progressivement trouver ses chemins qui l’amèneront de lui-même à une maitrise de son corps dans l’espace. 

Le positionnement de l’adulte est important, il ne doit ni être trop près ni être trop loin, l’enfant doit juste savoir qu’il est là et qu’il peut compter sur lui. 

Nous attachons une grande attention à accompagner chaque enfant vers l’autonomie, pour lui permettre de se connaître soi-même, de se situer dans le monde, et de développer ses relations à l’autre.

La socialisation 

Au cours de sa journée dans la structure, l’enfant va rencontrer d’autres enfants et des adultes (professionnels et parents). Chaque enfant va se comporter de manière unique au sein de la collectivité, avec sa personnalité, ses besoins, ses potentialités et ses difficultés. Certains enfants auront tendance à aller plus facilement à la rencontre de l’Autre, tandis que d’autres seront plus en retrait. Les interactions avec autrui passent d’abord par le langage corporel puis par le langage oral. Le langage, quel qu’il soit, est vecteur de socialisation.

Les enfants en bas âge sont dans une période « égocentrée », ils répondent au principe de plaisir avant tout. Ils découvrent et apprennent par et pour eux-mêmes, à côté des autres et non avec les autres. La notion du jouer ensemble est engagée à la crèche mais les enfants n’en sont pas encore capables.

Lorsqu’ils observent un camarade jouer avec un objet, ils lui arrachent des mains. Leur volonté est alors de posséder cet objet et d’expérimenter à leur tour. Cela suscite beaucoup d’émotions et de sentiments. Ainsi, l’adulte a un rôle primordial à jouer dans la médiatisation et l’accompagnement des interactions entre enfants.

A cet âge, l’enfant agit beaucoup par mimétisme, par imitation de ses pairs ou de l’adulte.

La vie en collectivité passe par l’apprentissage de différentes règles, pour soi-même, vis-à-vis de l’autre et vis-à-vis du matériel :

– Apprendre à respecter les plus petits dans leurs déplacements et dans leurs jeux

– Apprendre à participer, à aider, à partager les espaces et les jeux, attendre son tour…

– Ne pas faire mal, ne pas mordre…

– Respecter des règles d’hygiène (se laver les mains à différents moments de la journée, se laver le visage, se moucher) et des règles de propreté (mettre un tablier pour la peinture, une serviette pour manger…) 

– Respecter des règles de politesse (« s’il te plaît », « merci »…)

– Respecter des règles de fonctionnement (aider à ranger les jouets, amener son vêtement au porte manteau…).

A la crèche, les enfants sont, bien entendu, au commencement de leur vie sociale, dans une phase où les émotions prennent une place primordiale dans les interactions. C’est pour cela, que l’équipe reconnaît toute l’importance de l’expression des émotions de chaque enfant.

L’expression des émotions

Parlons de colères et de décharges émotionnelles plutôt que de caprices !

Le terme de caprice ne concerne pas les enfants en bas âge que nous accueillons puisqu’il n’y a pas l’aspect « pervers » que l’on peut rencontrer dans le caprice.

Lorsqu’un enfant fait une colère, le personnel essaye d’en trouver l’explication, la provenance. Mettre des mots dessus, sur ce que l’on croit que l’enfant ressent, peut l’aider à sortir de celle-ci. S’il persiste dans sa colère, le personnel le câlinera, lui donnera son « doudou », et tentera de trouver un intérêt autre afin que l’enfant puisse se calmer. Si la colère continue et que l’enfant n’arrive pas à se calmer avec l’adulte, l’équipe pédagogique proposera à l’enfant de se calmer seul.

« L’agressivité » : morsures, tapes, griffures, enfants qui poussent, « vols » de doudou sont des étapes normales dans le développement de l’enfant. Quand un enfant adopte un de ces comportements, le personnel s’occupe à la fois de « l’agressé » mais aussi de « l’agresseur ». On console l’enfant « agressé » et également l’enfant « agresseur », qui est certainement en souffrance pour effectuer un tel geste. On explique à l’enfant « agresseur » son acte en lui montrant, si besoin, les éventuelles marques. Si le même enfant récidive, le personnel explique à nouveau l’importance du chagrin du copain, l’accompagne pour trouver des solutions pour exprimer ses sentiments différemment, entrer en relation avec l’autre, afin qu’il puisse retrouver sa sérénité.

La bienveillance : une lutte contre Les douces violences

Selon Christine SCHUHL, les douces violences correspondent à des  «  négligences professionnelles dans leurs pratiques où la volonté et le confort de l’adulte prennent le dessus sur celui de l’enfant…. Instants où le professionnel n’est plus dans la relation à l’enfant »

Une réflexion sur ce thème est mise en place au sein de l’équipe. Pour les professionnels, ces notions peuvent se retrouver dans des comportements tels que :

– isoler l’enfant du groupe sans lui expliquer la cause

– tenir la main pour l’empêcher de faire quelque chose qui nous dérange

– tapoter sur le corps de l’enfant

– soulever un enfant sans le prévenir

– dire des gros mots 

– manière de s’exprimer, d’expliquer les choses, parler fort

– temps de change sans explication à l’enfant

– forcer l’enfant à goûter ou à faire

– suractivisme

– pas d’attention vis-à-vis des enfants, pas de présence « contenante » de la part des adultes, parler avec ses collègues d’autre chose

– parler de l’enfant ou de ses parents de façon négative, au-dessus de sa tête

– nettoyer la bouche avec une cuillère, mettre la serviette de l’enfant sans l’avoir averti au préalable

– non accompagnement des enfants pour trouver le sommeil

L’importance du doudou

L’apparition du doudou se situe au cœur d’un processus, dans lequel le bébé passe de l’état d’union avec sa mère à l’état, où il est en relation avec elle. 

Il s’inscrit dans une évolution dans laquelle l’enfant prend peu à peu conscience de lui-même et découvre le monde qui l’entoure.

Le doudou n’a pas besoin d’être réel, ce n’est pas forcément un objet mais peut être « un phénomène » (l’enfant se berce, se caresse les cheveux, suce son pouce…) et peut passer inaperçu. 

 Il a une véritable fonction organisatrice, et émancipatrice bien plus que la fonction de réconfort plus visible.

Le doudou est un objet investi affectivement, envahi d’émotions, un nid sensoriel (toucher, odeur, qui évoque les premiers modes de relation à la mère). Une fois adopté, le doudou fait partie de l’enfant car il sert de point d’appui pour grandir.

L’enfant va l’utiliser pour se rassurer, pour avoir moins peur, pour se sentir moins seul, pour pouvoir vivre et se sentir exister lors de la séparation, ou pour se replier sur soi, pour évacuer son stress, le trop plein, pour accepter la frustration. Il est donc important que le doudou accompagne l’enfant de la maison au multi accueil.

C’est parce que les professionnels reconnaissent l’importance de cet objet pour l’enfant qu’il est laissé à disposition. L’enfant peut donc à sa guise le poser dans le range-doudou ou le reprendre.

 Si l’enfant a toujours son doudou, les professionnels chercheront pourquoi, et aideront à renforcer le sentiment de sécurité de l’enfant, et sa confiance en soi, pour qu’il puisse s’en distancier.

 En grandissant, il s’en éloignera à son rythme car il saura de lui-même à quel moment ce support ne lui sera plus nécessaire.

L’importance des rituels

L’enfant a besoin de répétition puisqu’il n’a pas encore acquis la notion de temps.

L’inattendu provoque chez lui de l’insécurité, du stress. Pour limiter toute situation anxiogène, un rythme de la journée est nécessaire pour les enfants, avec des repères 

 La référence psychique

Le professionnel référent observe de manière plus aiguisée les enfants. Il doit être capable de savoir où il en est dans ses acquisitions, son développement (cognitif, affectif, moteur et social). Cette attitude de l’adulte permet à l’enfant de se sentir porté psychiquement dans le collectif, de se sentir exister comme individu à part entière, avec ses spécificités.

C’est très rassurant pour l’enfant et cette pratique permet aux professionnels d’aiguiser leurs observations et de les partager en équipe.